« MA MAMIE ADORÉE » Grand Prix 2026 du Prix Konishi pour la traduction de manga en français

Pour la neuvième édition du Prix Konishi pour la traduction de manga en français, le Grand Prix est décerné à “MA MAMIE ADORÉE” de Junko Honma, traduction de Déborah Pierret Watanabe, publié aux éditions Le Renard Doré.

Commentaire du Grand Jury :

Les dix volumes nominés pour le neuvième Prix Konishi pour la traduction de manga japonais en français présentent cette année encore une grande variété en termes de genres, de lectorats visés, et même d’époques de création. Parmi cette sélection de qualité, le jury a choisi de distinguer la traduction de Ma Mamie adorée, de Junko Honma, par Déborah Pierret Watanabe. Assumant une tonalité et des choix qui la rendent un peu plus visible qu’il n’est d’usage, cette traduction se met au service d’une œuvre originale caractérisée par une poésie simple et une douce nostalgie.
Alternant des vignettes isolées, des textes et de courtes histoires en manga, Ma Mamie adorée se présente comme un recueil de souvenirs de la relation rêvée d’une petite fille, Ko’ume, et de sa grand-mère, Ume, dans le Japon du début des années 1980. Alors que pour le lectorat japonais, les objets dessinés et les scènes de la vie quotidienne renvoient à des souvenirs familiers et portent en eux une charge émotionnelle qui se suffit à elle-même, ce n’est évidemment pas le cas pour le lectorat français. La traductrice l’a bien compris et a brillamment adapté le texte français à un lectorat tout à fait différent.
Ainsi, la simplicité évocatrice du texte japonais est savamment rendue en français par des pointes de poésie suggérant à petites touches la nostalgie qui imprègne l’œuvre. Les repères culturels évidents pour le lectorat d’origine sont rendus accessibles par un index en fin de volume à la fois utile et très bien réalisé. De même, la note de début de volume au sujet du sens et de la prononciation des prénoms des deux héroïnes est bienvenue. Ce que l’on pourrait considérer comme des “à-côtés” de la traduction relève en réalité d’une prise en compte des lectrices et des lecteurs, d’autant plus justifiée que le format hétéroclite de l’œuvre le permet, contrairement à des mangas qui privilégient l’immersion. Ce parti-pris est soutenu par le soin manifeste apporté à toute l’édition, de la cohérence du projet jusqu’à sa réalisation.
Cette qualité se retrouve également dans les petites histoires qui émaillent le volume, donnant l’occasion à Déborah Pierret Watanabe de faire preuve de sensibilité et d’inventivité. La maîtrise du ton et la justesse de l’adaptation permettent d’apprécier cette œuvre tout à fait charmante, parfaite pour une lecture par des enfants accompagnés de parents ou de grands-parents. L’humanité qui se dégage de cette traduction, tant par ses choix réfléchis que par les émotions qu’elle laisse affleurer, est particulièrement précieuse aujourd’hui et mérite d’être célébrée.

Commentaire de la traductrice, Déborah Pierret Watanabe :
Ma mamie adorée de Junko Honma a été ma toute première traduction de manga, et je n’aurais pu espérer plus belle porte d’entrée dans cet univers. Ce fut une expérience à la fois émouvante et exigeante : il s’agissait de restituer, avec justesse et délicatesse, la tendresse et l’humour qui caractérisent la relation unique entre cette petite fille et sa grand-mère, dans le cadre d’un Japon de l’époque Shôwa. J’ai pris grand plaisir à traduire tous ces petits riens du quotidien — un repas partagé, une promenade, un échange en apparence anodin — qui, malgré les différences d’époque et de lieu, touchent par leur universalité. Je suis heureuse d’avoir pu jouer ce rôle de passeur et d’offrir aux lecteurs francophones la découverte de l’univers si doux et particulier, tout en teintes pastel, de Junko Honma.

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